
La fibrillation atriale est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent. Elle peut avoir des conséquences importantes sur le fonctionnement du cœur et sur la santé générale si elle n’est pas correctement prise en charge.
Un rythme cardiaque rapide et irrégulier
Je vous invite à lire l'article sur l'anatomie cardiaque avant de continuer la lecture ce cet article si cela n'est pas clair pour vous.
En cas de fibrillation atriale, les cellules des oreillettes envoient des signaux électriques multiples, rapides et anarchiques. Ces signaux arrivent au nœud atrio-ventriculaire, qui joue normalement le rôle de filtre entre les oreillettes et les ventricules.
Comme la fréquence des signaux est excessive, ce filtre laisse passer les impulsions de manière irrégulière et imprévisible vers les ventricules. Le cœur bat alors de façon rapide et irrégulière, ce qui explique les palpitations ressenties par de nombreux patients.
Par ailleurs, le nœud sinusal, véritable chef d’orchestre du cœur, ne peut plus imposer un rythme normal. Le rythme cardiaque n’est plus adapté aux besoins de l’organisme, notamment à l’effort ce qui peut engendré essoufflement à l'effort, fatigue accrue, somnolence...
Des symptômes parfois invalidants
Ce fonctionnement non optimal du cœur peut entraîner différents symptômes :
palpitations, fatigue inhabituelle, essoufflement, baisse de la tolérance à l’effort, voire une altération globale du fonctionnement cardiaque.
Chez certains patients, la fibrillation atriale peut aussi favoriser une insuffisance cardiaque ou aggraver une insuffisance cardiaque déjà existante.
L’un des objectifs de l’ablation de la fibrillation atriale est de réduire ces symptômes et de diminuer le recours aux traitements antiarythmiques, parfois mal tolérés à long terme.
Un risque accru de formation de caillots et d’AVC
Lors de la fibrillation atriale, les oreillettes ne se contractent plus efficacement. Elles présentent des mouvements rapides et désorganisés, comparables à des tremblements, ce qui entraîne une stagnation du sang.
Cette stagnation favorise la formation de caillots sanguins, qui peuvent migrer vers le cerveau et provoquer un accident vasculaire cérébral (AVC). C’est pourquoi un traitement anticoagulant est parfois nécessaire afin de réduire ce risque.
La fibrillation atriale, une maladie chronique.
La fibrillation atriale est une maladie chronique et évolutive. En effet, au long cours l'arythmie évolue de la façon suivante si on ne fait rien:
- Un stade paroxystique : des épisodes d'arythmie qui s'arrêtent spontanément
- Un stade persistant : des épisodes nécessitant un traitement anti-arythmique ou un choc électrique pour restaurer le rythme cardiaque normal.
- Un stade permanent : le médecin et le patient accepte de rester en fibrillation atriale.
Les anti anti-arythmique comme l'amiodarone (CORDARONE) ou la flécaine ralentissent l'évolution. L'ablation tente d'arrêter l'évolution de cette dernière.
Pourquoi éviter la fibrillation atriale ?
Pour les patients sans cardiopathie
L'ablation de fibrillation atriale ou les anti-arythmiques ont surtout pour objectif d'améliorer la qualité de vie en évitant les symptômes de la fibrillation atriale.
L'objectif pour le patient est donc de diminuer les crises de palpitations, éviter les hospitalisations en urgence lorsqu'une fibrillation atriale apparait, diminue l'essoufflement.
Ces traitements n'ont que peu d'effet, ou pas d'effet sur l'espérance de vie.
Un autre objectif est d'arrêter l'évolution de la maladie. En effet, lors d’épisodes courts de fibrillation atriale, les symptômes peuvent être discrets, voire se limiter à quelques palpitations. En revanche, lorsque la fibrillation atriale s’installe dans le temps et devient persistante ou permanente, un essoufflement peut apparaître. À ce stade, le taux de succès de l’ablation peut être plus faible. C’est pourquoi, lorsque cela est possible, réaliser une ablation à un stade précoce de la fibrillation atriale permet de limiter l’évolution de l’arythmie et d’optimiser les résultats du traitement.
Pour les patients avec une insuffisance cardiaque
Ce cas est totalement différent. En effet, dans le cas où le patient a un coeur faible (FEVG basse, insuffisance cardiaque) il est démontré que le maintien d’un rythme cardiaque normal améliore la fonction du cœur et augmente l’espérance de vie et ce parallèlement à l'amélioration de la qualité de vie.
Information médicale
Cet article a une vocation informative et pédagogique.
Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale, un avis personnalisé ou une ordonnance.
En cas de symptôme ou de doute, consultez un professionnel de santé.